L’esprit souffle où il veut, quand il veut

CULTE du 2 février 2025 à Lucerne

Esaïe 30, 27-30 Ps 104, 27-31 Jean 20,19-23

L’esprit souffle où il veut, quand il veut

Aujourd’hui est un dimanche important. Il y a deux choses au programme.

D’abord c’est la Chandeleur, c’est-à-dire la présentation de Jésus au temple à Jérusalem. La petite histoire du Christianisme a ajouté les crêpes. On a trouvé dans la forme et la couleur de la crêpe, le soleil. Or Jésus représente la lumière du Monde, d’où la métaphore !

Ensuite c’est l’assemblée générale de notre Eglise. L’avenir est en jeu.

En ce moment le présent est agité. L’avenir le sera-t-il aussi ?

Voilà une question que je vous propose sous la forme d’un conte:

Il y avait une fois un homme qui méditait et qui, à force de méditer, s’imaginait être de plus en plus inutile. Sa quête d’un but existentiel le pousse à chercher ailleurs et il décide d’aller voyager dans le monde entier jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il cherche.

Notre voyageur arrive dans un pays où se trouve bon nombre de châteaux. Un guide lui dit que malheureusement la plupart sont inhabités pour toutes sortes de raisons, politiques (le pouvoir a été centralisé), économiques (un château ça coûte cher à entretenir !), etc…

Soudain on aperçoit une fumée à l’horizon. Un château est en train de brûler ! « Oh, c’est pas grave, il est vide !»

Tout d’un coup il entend qqn crier : « au secours ! ». Comment est-ce possible ?

Le guide répond lui-même tout étonné : « y a quelqu’un ! ».

Ainsi à cause de cette fumée, nous savons que ce château n’est pas vide.

En fait il en est de même pour l’Esprit : à cause d’un souffle nous savons qu’une vie est là, la vie d’une créature de Dieu.

En repensant au 1er livre des Rois (19, 9-13, Elie fuyant Jézabel dans le désert vers le Mt Horeb), je me rappelle : « Après l’éruption volcanique… il y eut le feu, et après le feu se fit entendre un murmure doux et subtil ». L’esprit de Dieu n’était pas dans l’éruption volcanique, mais dans le silence qui suivit, dans le bruissement d’un souffle ténu (TOB)

De même dans l’Evangile de Jean au chapitre 3, dans l’entretien avec Nicodème, Jésus dit:  » Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient et où il va : Ainsi en est-il de l’Esprit ! « 

Il y a toujours quelque part quelqu’un qui nous parle !

En ce qui concerne notre église, Je me pose parfois la question suivante : Est-ce que nous entendons le souffle de Dieu quand Il nous parle ?

Voici 8 affirmations qui pourraient faire de notre église un cimetière :

  1. Affirmer que la prière relève d’un don que peu de gens possèdent. Ne priez donc jamais !
  1. Ne jamais accepter une responsabilité dans notre église, mais critiquer systématiquement ceux qui en ont et les choix qu’ils font.
  1. Se moquer de l’incohérence des jeunes et de l’immobilisme des vieux.
  1. Déclarer que l’Evangile est de ‘droite’ ou de ‘gauche’ (selon les besoins). « Ce n’est pas l’Evangile qui nous donne le pain à manger » est un argument efficace pour diviser !
  1. Considérer que le pasteur est ‘grassement’ payé pour tout faire dans l’église. Donc, ne surtout pas l’aider, il se laisserait vivre !

6. Au besoin, l’accuser d’être trop intellectuel, trop primaire, trop activiste, trop fainéant, trop piétiste, trop simpliste… (liste non limitative !)

  1. Si l’on a quelque chose contre un membre de notre église, ne surtout pas aller s’expliquer avec lui, mais calomnier. Il en restera toujours quelque chose.

8. Dire toujours : « avant c’était mieux » ! Se souvenir avec nostalgie du temps où notre temple était plein, mais ne surtout pas y mettre les pieds.

Heureusement voici 8 contre-affirmations qui font de notre église un paradis sur Terre !

  1. Affirmons que la prière relève d’un don que beaucoup de gens possèdent. Prions donc aussi souvent que possible !
  1. Acceptons volontiers une responsabilité dans notre église, si minime soit-elle et soyons toujours souriant.
  1. Faisons bon accueil à l’enthousiasme des jeunes et ne nous attardons pas sur l’immobilisme des plus âgés.
  1. Déclarons que l’Evangile se manifeste au-delà des tensions politiques. Prenons modèle sur la manière dont Jésus agit par rapport à César. Rappelons que le pain n’est pas qu’une nourriture terrestre mais aussi céleste ! (Ns Ns en souviendrons tout à l’heure, à la sainte cène).
  1. Considérons que notre pasteur, même s’il est payé, a un rôle primordial dans l’église, théologiquement, éthiquement et socialement. Au besoin aidons-le s’il se disperse trop dans sa tour d’ivoire…
  1. Nous savons qu’il est trop intellectuel, trop primaire, trop activiste, trop fainéant, trop piétiste, trop simpliste…, alors faisons-le lui remarquer en finesse pour qu’il puisse accepter nos remarques.
  1. Si nous avons quelque chose contre un membre de notre église, allons nous expliquer avec lui.
  1. Nous disons parfois: « avant c’était mieux » ! Nous nous souvenons peut-être avec nostalgie du temps où notre temple était plein. Alors mettons-y aussi souvent que possible les pieds et peut-être que, par notre exemple, il se remplira à nouveau.

Vous constatez avec moi :

Il suffit de peu de choses, tellement peu de choses, pour changer le cours de la vie, le monde et le cours de notre église.

Un tout petit peu de SOUFFLE peut faire des miracles.

Je crois que c’est cela que l’Esprit de Dieu, le saint Esprit, désire nous rappeler…

Amen